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Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 10:12
- Par David

Foire au sésameAujourd’hui avait lieu la foire nationale du sésame à Nouna, opération permettant de développer la cuture du sésame au Burkina-Faso en récompensant les meilleurs producteurs.

 

Explications :

 

Outre le mil, le fonio, le maïs, le haricot et les arachides, les paysans de la région de la Boucle du Mouhoun (région à laquelle Nouna appartient) cultivent le sésame. Contrairement aux productions citées ci-dessus, le sésame est essentiellement une culture de rente c’est-à-dire que la majorité de la production est vendue pour l’exportation.

 

Le sésame contient 50% d’huile que l’on peut extraire, mais celle-ci est relativement chère. On s’en sert aussi dans l’industrie pharmaceutique et cosmétique, et même comme additif à la margarine. C’est en Asie et en Egypte, que le sésame est le plus utilisé : les graines décortiquées sont mangées en purée, comme épice ou en confiserie. En Europe et en Amérique de Nord, ses utilisations les plus célèbres sont la garniture de hamburger de votre fast-food préféré (!) et les barres sucrées.Semences de sésames prêtes à être vendues

 

Le sésame est produit un peu partout dans le monde mais les rendements sont très différents variant de 770 kg/ha en Amérique du Nord à 297 kg/ha en Afrique… Mais le Japon, l’Union Européenne, la Corée du Sud, les Etats Unis, la Chine ne produisent pas suffisamment de sésame. L’Afrique de l’Ouest est en bonne posture pour pouvoir répondre à cette demande. Elle a pour avantage de produire un sésame de qualité, sans amertume, de couleur claire et sans pesticide

 

En temps normal (pluviométrie convenable), le Burkina Faso est autosuffisant mais une mauvaise année suivie d’une seconde mauvaise saison fait basculer la population dans un cercle de crédit et de famine. Depuis plusieurs années le développement de cultures de rente est mise en avant pour permettre aux agriculteurs de diversifier leurs productions et d’en vendre une partie. L’industrie du coton établie depuis longtemps au sud du pays implique pas mal de petits producteurs mais aussi de grands groupes étrangers qui ont pris possession de la filière, employant les ouvriers pour un salaire minimum. Dans certaines régions et dans une moindre mesure, les arachides constituent aussi une culture de rente. A d’autres endroits, comme dans la province de la Kossi, le sésame est en pleine expansion. La région se prête très bien à cette culture, les rendements y sont bien au-delà de la moyenne nationale.

 

Depuis les différentes crises alimentaires en Europe, l’engouement de ce continent pour les produits biologiques fait l’affaire du Burkina Faso, pionnier dans le domaine ! Près de 50% de la production mondiale de sésame bio est produit au Faso.

 

Marché au sésameUn géant japonais en commerce international a fait appel à des négociants locaux pour inciter à produire plus de sésame pour l’exportation : elles distribuent des semences gratuitement et s’engagent à acheter les récoltes. L’Union des Groupements Villageois de la Boucle du Mouhoun se lance aussi dans le sésame et propose sa commercialisation collective vers un seul groupe exportateur pour garantir des prix convenables aux producteurs. Elle incite aussi les femmes à produire du sésame et recense les superficies semées. Le gouvernement, lui-même, qui avait délaissé cette culture pendant de nombreuses années recommence à s’y intéresser sérieusement, voyant dans celle-ci un potentiel énorme. D’autres acteurs plus ou moins grands sont aussi actifs dans la filière.

 

Le développement culture du sésame porte donc beaucoup d’espoir, espérons simplement que le commerce se fasse de manière équitable…

Publié dans : La vie quotidienne
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