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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 09:18
- Par David

Selon les estimations de l'OMS, entre 100 et 140 millions de femmes ont subi une forme quelconque de mutilation génitale et chaque année, près de deux millions de fillettes courent le risque d’en subir. Les mutilations génitales féminines dont l'excision, recouvrent un ensemble de pratiques aboutissant à l'ablation partielle ou totale ou à l'altération des organes génitaux féminins externes pour des raisons non médicales. L'opération est généralement pratiquée sur les petites filles et parfois sur des femmes sur le point de se marier, enceintes de leur premier enfant ou qui viennent de donner naissance.

L'objectif de la Journée internationale de lutte contre les mutilations sexuelles féminines du 6 février est d'attirer l'attention, au niveau national et international, sur les efforts qui doivent être déployés pour libérer les femmes et les fillettes des mutilations génitales féminines afin d’éradiquer ces violences.

Le cas du Burkina-Faso

Selon une enquête de 2003, 77% des femmes burkinabè de 15 à 49 ans étaient excisées sur l’ensemble du Burkina Faso. La pratique se retrouve parmi toutes les confessions religieuses et chez la plupart des groupes ethniques.

L’opération est pratiquée par des praticiennes traditionnelles, d’habitude avec un couteau ou une lame de rasoir non stérilisé sans anesthésie ou d’asepsie. Alors que l’excision était autrefois une pratique de groupe accompagnée de rites d’initiation aujourd’hui elle est devenue une affaire familiale sans rite, dans laquelle les femmes organisent et exécutent l’intervention avec le consentement des hommes qui détiennent en fait le pouvoir de décision en la matière.

L’âge moyen auquel est pratiquée la mutilation est de 6 ans. La pratique est justifiée dans la majorité des cas par l’héritage culturel, l’obligation religieuse (non fondée) et parfois par des raisons hygiéniques ou médicales basées sur des croyances erronées. Le contrôle de la sexualité de la femme cité lors de l’évaluation de 2006 par seulement 23,1% des enquêtés est pourtant la raison la plus importante qu’elle soit évoquée ou non par les adeptes de la pratique. C’est donc un amalgame fait de religion, de superstitions et de préjugés forgés dans les traditions ancestrales renforcé par l’analphabétisme et l’insuffisance de connaissances approfondies sur les méfaits de la pratique surtout ceux intervenant à long terme qui contribuent à maintenir le mythe autour de la question des MGF.

Des études récentes montrent pourtant une tendance à la baisse de la pratique. La prévalence chez les fillettes de 0 à 10 ans est passée de 36% en 1996 à 20% en 2003.

Les MGF sont devenues illégales depuis 1996. Cette loi a été immédiatement appliquée dès son adoption. Le nombre de cas de dénonciation anonyme par téléphone augmente et dénote d’une prise de conscience de plus en plus grande de la population mais l’application de la loi entraîne aussi une certaine clandestinité.

Depuis 2000, un projet est mis en œuvre pour intégrer des modules sur les MGF dans les programmes scolaires des niveaux primaire et secondaire, pour réaliser de la sensibilisation des jeunes par d’autres jeunes, et pour impliquer des leaders coutumiers et religieux.

Source :Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ) GmbH, juin 2008

 

 


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